#EnMarcheBE

"Ne pas vouloir" n'est pas égal à "ne pas avoir compris" ce que désirent certains

Parce qu'il faut oser dire qu'être une droite "assumée", c'est accepter le rejet de l'autre qui peut mener à sa mort


Régis Warmont - Comité exécutif (Organisation et Valeurs) Ingénieur en technologies de l'information et management, électron libre en politique depuis 1996, toujours ouvert au débat mais psychorigide sur certains principes Jeudi, 11 Janvier 2018
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Un chroniqueur (dont on oublie souvent de rappeler qu'il a été candidat au MR) ayant pignon sur rue nous annonce dans une tribune d'un grand journal que:
"Beaucoup de nouveaux partis tentent d'exister, mais ne décollent pas. Ils n'ont pas compris que l'électeur ne veut pas d'une énième offre de centre-gauche ou d'une vaste foutaise programmatique qui serait le "ni-droite ni-gauche". (...) L'espace à prendre politiquement est celui d'une droite qui s'assume, (...)"
 
Cette explication laisserait à penser que certains ne voient pas l'opportunité démocratique que serait l'utilisation de l'égoïsme, de la peur de l'inconnu ou du rejet de l'autre.  C'est un peu simple.
En effet, tout politicien "old fashion" sans étâts d'âme qui a pour simple but d'obtenir un accessit électoral a en effet un boulevard devant lui en fédération Wallonie-Bruxelles.  Mais ce n'est pas nouveau. 
 
Imaginons une personne charismatique qui prendrait le leadership de tous les électeurs qui pour l'instant:
- ont peur de l'étranger et de tout ce qu'ils ne comprennent pas,
- voient l'autre avant tout comme quelqu'un qui va prendre une part de leur gâteau,
- écoutent les thèses simplistes basées sur des croyances dogmatiques du siècle passé.
 
 
Cette personne pourrait - si on ne fournit pas rapidement une éducation à ces électeurs - obtenir très facilement un gros pouvoir de nuisance.
 
Ce n'est pas parce que l'opportunité est là qu'on a envie de s'en saisir.  On peut le savoir et ne pas avoir envie de le faire. 
 
Bien évidemment, une droite qui s'assume peut se présenter avec de bonnes idées, des propositions à creuser ou au minimum de bonnes questions qui méritent réflexion.  Il a toujours été clair que personne n'a le monopole de la solution.  
Par contre, il y a des choses qu'une droite qui s'assume rend inacceptables. 
  • Une droite qui s'assume accepte que ceux qui ne sont pas/plus "utiles" à la société puissent être rejetés sur le bas-côté de la route sans aide de qualité, s'ils n'ont pas fait la preuve d'avoir "mérité" d'en faire partie ou s'ils sont nés du mauvais côté de la ligne de démarcation.
  • Une droite qui s'assume accepte qu'on ne puisse pas s'occuper de toute la misère du monde et qu'il faille accepter que celle dont on ne peut s'occuper puisse mourir de faim ou de maladie.
  • Une droite qui s'assume accepte que sur l'excuse d'éviter de laisser passer un terroriste potentiel qui se cacherait parmi des dizaines, voire centaines de réfugiés, on peut tous les mettre dans des camps de misère du moment que c'est loin de chez nous.
  • Une droite qui s'assume accepte que si le premier bébé autrichien qui naît en 2018 a des parents étrangers, il perde son statut de bébé innocent pour devenir la cible du racisme et des menaces parce qu'elle veut une autre image pour ses bébés.
  • Une droite qui s'assume accepte que l'humain qui - pour des raisons d'envie de liberté - ne ressent pas le besoin d'accepter un travail qui ne lui convient pas, puisse être exclu de la société sans possibilité d'obtenir une vie décente.
Bref, la droite qui s'assume aimerait vivre dans un siècle passé depuis longtemps ou dans un monde qu'elle idéalise par élimination de ce qui ne lui ressemble pas mais elle ne peut pas.
Elle ne peut pas parce ce qu'elle désire, il y a de fortes chances que cela aille à l'encontre de toutes les valeurs et les idées que les "lumières" ont essayé de prôner dans notre société et que de grands hommes d'états ont essayé de figer en lois universelles pour améliorer l'humanité et augmenter le bien commun.

En fait, elle pourrait. 
Si elle arrive à ses fins en détournant la démocratie à son profit pour mettre en place un programme basé sur les valeurs négatives que sont le rejet de l'autre, de la différence et de la liberté (de ne pas se conformer à un standard), elle irait à l'encontre de ces efforts passés et pourrait refaçonner le monde.
Mais ce serait mauvais pour tout le monde, sauf pour elle.
  
Et ce n'est pas mon idéal, car je n'entre pas dans son schéma de pensée et je serais donc sans doute mis dans les "autres" et je risquerais gros.
 
 
 
Donc, non, ce n'est pas que l'on ne voit pas le potentiel qui existe très à droite en fédération Wallonie-Bruxelles, c'est juste que plutôt que de profiter des gens qui n'ont peut-être pas toutes les informations pour comprendre la société, je préfère essayer de leur expliquer et ne pas les utiliser "tels quels" pour être élu.

Et si ça ne marche pas, ce ne sera pas parce qu'un programme "ni droite, ni gauche" sera de la foutaise, mais simplement parce que les électeurs auront choisi un camp dans la société que l'on nous prépare avec ces "droites qui s'assument" contre ces "gauches extrêmes".
Et ce n'est pas la société dans laquelle je veux vivre et dans laquelle je veux que mes enfants grandissent.

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