#EnMarcheBE

Quand la grève devient contre-productive...

Si tout le monde trouve que tu te trompes, parfois, il faut te remettre en question.


Régis Warmont - Comité exécutif (Organisation et Valeurs) Ingénieur en technologies de l'information et management, électron libre en politique depuis 1996, toujours ouvert au débat mais psychorigide sur certains principes Mardi, 05 Décembre 2017
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Un nouveau préavis de grève a été déposé pour la fin d'année aux TEC, et ce ne sera pas la première de la saison.

Passons les raisons caricaturales que certains pourraient relever qui font que ces grèves sont souvent placées en fin de semaine ou à des périodes festives.  On peut en effet supposer que les responsables de ces mouvements ont l'intelligence de ne pas s'abaisser à des calculs si mesquins vu l'impact négatif pour les utilisateurs.

Acceptons donc l'idée qu'ils veulent défendre les 3 points qu'ils mettent en avant:
- Refus d'une fusion des différents TEC (dont la majorité des personnes ayant étudié le dossier avouent qu'elle ne ferait de tort qu'à certains mandataires politiques);
- Refus des punitions en cas de grève sauvage non émotionnelle (que la grande majorité des citoyens approuve vu les problèmes dans lesquels ces actions peuvent mettre la population);
- Refus du service minimum en cas de grève (qu'ils signalent irréalisable et qu'ils auraient beau jeu de laisser faire pour démontrer leur argumentation).

Ces points sont en réalité indéfendables pour le plus grand nombre et surtout pour les citoyens qui utilisent les transports en commun. 
Le pire est surtout que ces revendications ne rencontrent parfois même pas l'aval de la majorité des travailleurs que les syndicats disent défendre. 
Et dans ce cas, que doivent-ils faire ? Instaurer des piquets de grève, quitte à menacer les travailleurs qui veulent prendre leur service voire pire, dégrader ou voler du matériel public pour être bien certain que les bus ne pourront sortir des dépôts.

Ce fonctionnement est définitivement anti-démocratique et ne peut continuer.  De plus, il n'atteint absolument pas son objectif en ne s'attaquant pas aux bonnes cibles.

Le droit de grève est un héritage du passé trop important - que trop de personnes ont défendu au péril de leur santé, voire de leur vie - pour le laisser aux mains d'irresponsables qui le dégradent et en donnent une image qui - in fine - va à l'opposé des objectifs qu'ils disent défendre.

Voilà pourquoi nous proposons - par exemple - de démocratiser davantage la concertation sociale en instaurant les référendums d'entreprise à bulletins secrets pour certaines décisions qui impactent l'entièreté des travailleurs.

Il faut rendre ses lettres de noblesse à l'action sociale, y impliquer plus de travailleurs, en faisant fi des corporatismes contre-productifs afin que lorsqu'une grève éclate, on sache qu'une majorité est derrière, que les arguments sont justes et que le message doit être écouté par les responsables.

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